Vendredi (12/05/06)
DÉLIVREZ-MOI
--> UNE OEUVRE TOUCHANTE
Sortie prévue: 12 mai 2006 
À sa sortie de prison, après avoir purgé 10 années de réclusion suite à la mort suspecte de son amoureux, Annie retourne dans sa petite ville. Elle y retrouve sa fille, Sophie, maintenant adolescente, ainsi que la mère du défunt qui a élevé la petite en l’absence de sa « vraie mère ». Annie doit réapprendre à vivre et oublier les démons du passé mais ce n’est pas chose facile. Elle va se trouver un emploi en usine, un appartement et tenter de se reprendre en main sous le regard bienveillant de sa fille qui brûle de curiosité envers cette mère accusée de meurtre et honnie de tous les autres qui connaissent son histoire. Sophie va donc tenter de renouer contact, de ramener un souffle de vie dans cette mère à la dérive. Mais, cela s’avère difficile alors que la mémoire des gestes et la persistance des morts forment un joug des plus difficiles à porter. Délivrez-moi est donc ce dialogue entre le spasme de vivre et l’attirance réconfortante que peut représenter la mort pour ceux qui ne voient plus de pertinence à continuer à exister. Un exorcisme essentiel duquel Annie n’a pas toutes les chances de ressortir vivante mais sa fille Sophie a plus d’une corde à son arc et la petite est habitée par cet acharnement qui rend les gamines de 13 ans tout à fait irrésistibles. Mot du réalisateur Denis Chouinard La concoction de ce film a débuté sur de bien étranges prémisses. Tout d’abord motivé par l’envie de faire un film au féminin, où une galerie de femmes de différentes générations se côtoieraient, je me suis rapidement heurté au mur du doute. Est-ce que la voix que je voulais prêter à ces femmes sonnerait vraie si elle venait de moi? J’ai bien tenté à l’époque, tout de suite après la sortie de L’Ange de goudron, de vaincre cette peur, mais en vain. Après plusieurs mois de travail, je n’avais accumulé qu’un fil narratif et le profil psychologique de quelques personnages. Ce que j’appelai mes Premières boues à l’époque, sans songer que j’allais m’y enliser. C’est à ce moment que – à la suggestion d’un producteur – j’ai pensé à demander la collaboration de Monique Proulx. Nous avions déjà siégé sur un comité et la chimie avait bien passé entre nous. Rock’n’roll et pas du tout politically correct la fille. J’aimais ça. Et comme je voulais que Annie croyait aux esprits (c’était le titre de travail à l’époque) soit un tantinet grinçant et sulfureux, je savais que Monique pourrait être la libératrice de ce projet. Une rencontre lors d’un petit déjeuner nous a mis rapidement sur la même longueur d’ondes et puis la locomotive s’est mise en marche. Nous n’avons plus jamais regardé dans le rétroviseur. La collaboration fut totale et après plusieurs mois de dur labeur, le scénario était là devant nous. Dès cette étape, nous savions que nous avions potentiellement un film très fort à la clé. Maintenant, il fallait lui donner forme. Avec l’aide de Réal Chabot et de la Coop Vidéo de Montréal, on a élaboré la plate-forme de travail. J’avais vu Céline Bonnier au Quat’sous dans La Cloche de verre et j’ai su à cet instant qu’elle pouvait jouer le rôle d’Annie. On m’avait parlé de Juliette Gosselin et je suis allé la voir dans Nouvelle-France et là aussi je savais que j’avais le numéro gagnant. Mon amour inconditionnel du film Entre la mer et l’eau douce (que je considère comme peut-être le plus grand film fait au Québec) m’avait toujours porté à rêver de travailler un jour avec Geneviève Bujold. Le rôle de Irène lui fut proposé. Et, comme Céline et Juliette, Geneviève fut séduite par le scénario. En rajoutant Patrice Robitaille, Pierre-Luc Brillant, Danielle Fichaud, Gregory Hlady, Pierre Collin et Nicole Leblanc, je savais que j’avais une solide distribution avec laquelle je pouvais partir à la guerre. Le tournage fut à l’image de tous les films que l’on fait au Québec : trop court! Mon Dieu! Quels miracles pourrions-nous accomplir si on nous laissait le temps de faire autre chose que de courir après des horaires de travail insensés? Mais avec l’aide du jeune surdoué à la caméra qu’est Steve Asselin et de la force tranquille de Patrice Bengle aux décors nous avons fait du mieux que l’on a pu. Là aussi la chimie fut très bonne et on a pu bouger très rapidement d’une séquence à l’autre. Les comédiens incendiaient l’espace de jeu devant la caméra. Sorel, Huntingdon, Valleyfield. Des lieux insolites où l’on n’imaginerait pas une équipe de cinéma débarquer à la pêche aux images et pourtant nous y étions, convaincus de donner une image différente de ce Québec contemporain des petites villes mono industrielles. Une fois les images en boîte, ce fut la migration vers le troglodisme. Enfermé dans une caverne loin de la lumière du jour – aux côtés de Michel Arcand – on a cherché à donner un sens à tout ça. Ce sera à vous d’en juger. Claude Fradette a alors sorti sa guitare de l’étui et a couché près de 40 minutes de musique pour cimenter le tout. Et puis tout y était. Le film était là. Vous pouvez maintenant suivre le singulier parcours d’un fille qui sort de prison pour retourner chez elle, dans une ville qui pourrait être Sorel. Le parcours d’une Survenante. Mot de la co-scénariste Monique Proulx Il y a de ça des mois – et bientôt des années -, Denis m’est arrivé avec son projet : un titre, une situation de départ, une esquisse de personnages. J’ai immédiatement tout aimé : le titre d’abord, qui a eu le don de m’allumer même s’il a disparu entre temps (Annie croyait aux esprits), la situation de départ explosive (une jeune femme sort de prison et vient récupérer sa fille), les strates potentielles vertigineuses du personnage (criminelle ou victime? forte ou fragile? candide ou retorse? Ou tout cela à la fois?). Avec Denis s’est élaboré un long voyage de confiance et de stimulation mutuelle, et du choc répété de nos deux esprits les étincelles n’ont pas cessé de jaillir, pavant la voie pour une écriture lumineuse et profonde. Plus qu’une simple histoire de retrouvailles entre une mère et sa fille, plus qu’une interrogation sur la possibilité de racheter le passé, Délivrez-moi est une méditation sur la pulsion de vie et de mort, de bien et de mal, qui s’affrontent partout, en chacun de nous, en chaque atome de vie.
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Ecrit par nightlife, a 15:26 dans la rubrique "MUSIQUE ET FILMS".
Lundi (12/12/05)
REMAKE DE MIAMI VICE
--> COLIN FARREL, OVERDOSE!!!
L'acteur irlandais Colin Farrel a été victime d'une overdose vendredi
lors du tournage en Uruguay du film tiré de la série télévisée Miami Vice, rapporte lundi une radio locale.
L'équipe
des urgences médicale, qui a examiné l'acteur, a retrouvé dans son sang
des traces de cocaïne, de majijuana et d'une autre drogue qui n'a pu
être identifiée, a indiqué la radio Sarandi.
L'acteur irlandais,
qui a surmonté cette overdose selon les médecins, incarne pour le grand
écran le rôle du policier Sony Crockett, l'ennemi de la pègre
floridienne et notamment des trafiquants de drogue dans la célèbre
série télévisée des années 80.
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Ecrit par nightlife, a 22:22 dans la rubrique "MUSIQUE ET FILMS".
Mardi (29/11/05)
Caïman Fu
--> Les charmes du quotidien

Si vous ne les connaissiez pas encore, Caïman Fu est un groupe de Trois-Rivières dont la chanteuse est l'actrice Isabelle Blais (Les Invasions barbares, Les Aimants). C'est d'ailleurs elle qui signe ou co-signe tous les textes du disque (sauf un). Commençons donc par les textes, justement. Ils sont tantôt rigolos, tantôt sérieux, mais jamais pédants. Bon, certains qui se veulent un peu plus pamphlétaires sont un tantinet adolescents — je pense surtout à Continuer mon chemin —, mais pas au point de provoquer chez l'auditeur une gêne de les écouter. Toutefois, l'aisance et le registre avec lesquels Isabelle Blais livre ses textes rachètent amplement les petites faiblesses dont font parfois preuve ses textes. Elle a vraiment une voix impressionnante et pleine de couleurs intéressantes. À un point tel que sur certains passages de plusieurs chansons, elle pousse sa voix d'une façon qui n'est pas sans rappeller Björk (si, si, je n'exaggère pas!). Musicalement, c'est du pop-rock agréable et bien fignolé qui ne réinvente pas la roue. C'est exécuté avec brio et la réalisation est adéquate pour le son recherché par le groupe, c'est-à-dire que la place est laissée presqu'entièrement à la voix. C'est le groupe d'une chanteuse. Par ailleurs, certains parmi vous se méfient peut-être en se disant, justement, «bon encore une vedette qui se paye le caprice de sortir un disque». Il faut quand même se rappeler que c'est leur deuxième opus (le premier était paru en 2003) et que, par conséquent, il faut bien qu'ils offrent un minimum de qualité pour pouvoir se permettre de récidiver. D'autre part, j'ai entendu Isabelle Blais en entrevue radiophonique il y a quelques jours et elle avait un bon contre-argument (que je paraphrase) à cette critique potentielle: produire un album c'est beaucoup trop de travail pour que ça puisse tomber dans la catégorie «caprice». Je dois lui donner raison: Les charmes du quotidien n'a rien d'un album qui aurait été produit à la sauvette pour satisfaire le caprice d'une actrice, si jolie soit-elle.Très,très et très jolie... |
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Ecrit par nightlife, a 05:47 dans la rubrique "MUSIQUE ET FILMS".
Lundi (21/11/05)
Les CD impossibles à copier font des vagues!!
Les CD impossibles à copier ou à lire par ordinateur font des vagues - De plus en plus de clients des boutiques de disques se plaignent ces jours-ci d'être incapables de faire jouer le CD qu'ils viennent d'acheter sur leur ordinateur, ou pire, de ne pouvoir transférer les chansons sur leur IPod. Le coupable: les CD protégés contre la copie, que de nombreux détaillants canadiens voudraient maintenant faire retirer des tablettes de leurs magasins. Le problème a été mis en relief la semaine dernière quand on a appris que cette technologie anti-piratage, utilisée pour la production d'une cinquantaine de titres de Sony BMG diffusés aux Etats-Unis, et de 37 titres au Canada, implantait secrètement un logiciel espion sur les ordinateurs. Or ce logiciel rend les appareils vulnérables aux virus et au piratage. Et lorsqu'on essaie de le retirer de l'ordinateur, il met le lecteur de CD hors d'état de fonctionner. Nul besoin de préciser que l'innovation a frustré les consommateurs. Selon Sony BMG, quelque 120 000 copies des 4,7 millions de CD problématiques de la compagnie ont été vendues au Canada. Sony n'est pas le seul producteur à avoir mis en marché des CD protégés contre la reproduction au Canada. EMI en met en vente depuis environ trois ans, et compte doter tous ses CD de la nouvelle technologie d'ici la fin de l'année. Mais les disques d'EMI emploient un logiciel différent de ceux de Sony BMG, et n'ont encore causé aucun problème d'ordinateur. Les maisons de disques soutiennent que cette mesure vise à empêcher les gens de partager de la musique avec ceux qui n'ont pas payé pour se la procurer.
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Ecrit par nightlife, a 20:24 dans la rubrique "MUSIQUE ET FILMS".
Après avoir créé un buzz considérable l'année dernière avec la sortie du single « Losing my edge », LCD Soundsystem nous livre enfin ses productions autrement qu'au compte gouttes, sous forme d'un double album : recueil de punk pour dance floor, ou de funk qui s'avale cul-sec. Production à deux francs six sous, mais qui vous arrive au visage comme une giclée d'eau froide, orchestrée par James Murphy, électron libre et bricoleur hyper-créatif. 
Il y a des disques qui remettent d'emblée les choses en place. Un peu hébétés que nous sommes par les fastes auxquels nous habituent les productions modernes, on aime retrouver la candeur et l'excitation que procure un son crasseux, non poli derrière des tonnes et des tonnes de mixage et d'ajouts sonores en tous genres qui n'ont d'autres effets que de vous ramollir le cerveau.Pourtant, James Murphy n'a rien d'une tête brulée, ni d'un adepte du potard à fond-point à la ligne. Mais force est de constater que son style et son travail ont quelque chose de non identifiable, et vont en ébouriffer plus d'un. Lcd Soundsystem en studio se compose de sa seule personne, si tenté qu'on puisse résumer à une personne les multiples personnalités musicales qui le façonnent. En tous cas c'est lui qui triture les vieux synthés analogiques, qui fait chauffer les boites à rythme vintage, qui graisse les wha-wha poussives, et change les tubes des amplis, lui qui assène devant le micro ce débit vocal qui, sale et approximatif qu'il puisse être accroche et entraîne tout dans son sillage. Bricoleur, inventeur, cet ex-punk reconverti en producteur chez DFA aime à comparer son studio à un « laboratoire », un endroit où l'on prend le risque de donner vie à sa musique au gré des expériences. Fustigeant le système qui fait de tous les groupes des machines de studio et de scène, il se donne les moyens d'être créatif en ne se donnant aucune limite : ni formatage sonore, ni restriction dans la durée des chansons, ni catalogage dans un rayon : ce serait trop simple d'associer Lcd soundsystem à un style musical. Construit sur un beat dance, « Losing my edge » a cartonné dans tous les clubs d'Europe, qu'en sera-t-il de « Tired » ou de « Daft Punk is playing in my house »? Lâchés dans la nature, les morceaux du groupe n'ont pas de cible particulière à atteindre, ils ne s'apparentent pas à un public, un discours. Ce qui est sur, c'est qu'avec ce disque, Murphy donne son propre la, refusant de faire ce que tous les groupes de rock font : « vouloir chanter comme les Stones ou les Beatles ». Le résultat : un groove palpitant fait de bricolages et de collages en tous genres, de morceaux de punk recousus avec des gimmicks funky, présentés sans apparât mais avec la convication des gens qui savent qu'ils vont sur le droit chemin!
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Ecrit par nightlife, a 20:16 dans la rubrique "MUSIQUE ET FILMS".
MAURICE RICHARD
--> LE FILM
La légende du Rocket risque de devenir mythe à compter du 25 novembre, alors que le film Maurice Richard, du réalisateur Charles Binamé, arrivera en salle. Mettant en vedette Roy Dupuis dans le rôle principal, le film commence et se termine au moment de la fameuse émeute qui avait éclaté en 1955 lorsque le président de la Ligue nationale de hockey, Clarence Campbell, avait suspendu l'idole du Québec pour le reste de la saison et les séries éliminatoires. Le fougeux ailier avait asséné un coup de poing à un arbitre qui le retenait pendant qu'un adversaire le frappait et plusieurs avaient jugé à l'époque que la Ligue avait été trop sévère. Certains y voyaient une nouvelle preuve de la discrimination de la Ligue nationale envers les joueurs francophones en général et envers Maurice Richard en particulier. Ce thème de la discrimination envers les francophones et du symbole de résistance et d'espoir pour les Canadiens-Français qu'était Maurice Richard domine d'ailleurs la trame du film, qui se concentre sur la vie du hockeyeur de l'âge de 16 ans jusqu'à l'émeute du Forum. Le hockeyeur y fait véritablement figure de héros réussissant dans l'adversité la plus totale, envers et contre tous, grâce à une détermination et une passion hors du commun. Cependant, le scénario lui prête un rôle de défenseur des Canadiens-Français qui risque fort d'être contesté. Bien que Maurice Richard se soit élevé contre le traitement discriminatoire réservé aux francophones dans le hockey professionnel et que les Canadiens-Français en avaient fait leur symbole, il assumait ce dernier rôle bien malgré lui, sinon avec réticence. Il s'est d'ailleurs toujours tenu loin de la politique ou même des prises de position publiques dans quelque dossier que ce soit en dehors du hockey. Le long métrage comporte par ailleurs plusieurs scènes de hockey plutôt réussies, bien que l'on n'en ait pas abusé et le scénario est assez fidèle à l'histoire. En ce sens, il s'agit moins d'un film sur le hockey que d'un film sur une période de la vie d'un homme qui était joueur de hockey et sur l'impact qu'il a eu dans la société québécoise. Roy Dupuis y campe un Maurice Richard crédible mais la palme revient à Stephen McHattie, qui domine littéralement l'écran dans le rôle de l'entraîneur du Canadien, Dick Irvin. La sortie de ce film en salle en plein temps des Fêtes attirera sans doute de nombreux pères et grands-pères désireux de faire connaître à leurs enfants cette légende qu'eux-mêmes ont pu voir ou dont ils ont entendu parler dans leur propre enfance.
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Ecrit par nightlife, a 18:49 dans la rubrique "MUSIQUE ET FILMS".
Jeudi (10/11/05)
You Could Have It So Much Better
--> FRANZ FERDINAND
Attendu de pied ferme, le second Franz Ferdinand est
immédiatement identifiable, avec ses couleurs tranchantes et son
graphisme pop art aux lignes droites. Passée la première écoute, où il
est difficile de s'empêcher de squatter l'album à la recherche d'un
tube aussi ravageur que Take Me Out, on se calme et on s'ouvre
à ce disque qui, sans être un clone du premier, réunit encore quelques
ingrédients de la recette gagnante de pop tendue en élargissant
toutefois la formule, comme sur l'étonnante Eleanor Put Your Boots On,
élégant morceau beatlesque référencé jusque dans ses pianos piochés
avec vigueur façon Fiery Furnaces (groupe d'Eleanor Friedberger, qui
est aussi l'amie d'Alex Kapranos). I'm Your Vilain, You're the Reason I'm Leaving et Do You Want To
ne tardent pas à révéler leurs charmes. FF passe donc le test du
deuxième album en évitant les pièges, et bien que l'effet de surprise
soit dissipé, force est d'admettre que ces chics Écossais ont beaucoup
de panache.
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Ecrit par nightlife, a 23:01 dans la rubrique "MUSIQUE ET FILMS".
Lundi (07/11/05)
Franz Ferdinand critique la musique américaine
Le chanteur de Franz Ferdinand, Alex Kapranos, a dirigé une flèche à l’endroit de la musique américaine qu’il a qualifié de fade et ennuyeuse. Il accuse les stations de radio américaines de faire la promotion d’une liste musicale sans variété. « C’est facile de se décourager en écoutant les stations rock américaines car tous les groupes sont fades et se singent. Ils y a des exceptions, mais la plupart des groupes restent à l’intérieur des mêmes limites, ils n’accordent pas d’importance au hip-hop ou aux autres genres. C’est un peu comme si le même disque jouait 24 heures sur 24 », a-t-il confié en interview. « Cependant, j’ai entendu tellement de bons groupes provenant des États-Unis au fil des années que je sais qu’il y a un public pour autre chose et c’est ce que nous ressentons lors de nos concerts, cette soif d’autre chose », a-t-il conclu.  
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Ecrit par nightlife, a 18:21 dans la rubrique "MUSIQUE ET FILMS".
Jeudi (03/11/05)

Oui, c’est bel et bien vrai: le collectif Atach Tatuq se sépare. Le divorce se fait toutefois à l’amiable. Égypto et Naes ont la garde partagée du label AT Musique. Et avant de voler de leurs propres ailes, tous vont profiter de l’élan de leur dernier souffle ensemble pour vivre à fond leur dernier projet, l’album Deluxxx. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’Atach Tatuq n’a jamais été un groupe en bonne et due forme. Chacun contribuait à la mesure de ce qui lui tentait, en autant que son shit soit bon. La somme de composantes aussi disparates offrait une patente hip-hop iconoclaste et rudement efficace. Dans le fond, la séparation à venir d’Atach Tatuq est à l’image de l’évolution de Traumaturges, le groupe à l’origine du collectif. Déjà, à cinq, Rass, Égypto, L’Intrus, Khyro et DJ Naes en étaient arrivés à avoir de la misère à se sentir. De leurs expérimentations au micro sur un kit de karaoke après avoir fumé de nombreux spliffs, aux abords du cégep Maisonneuve, à leur prestation canon du show Too Hot To Handle de 1998 en passant par leur premier et dernier album, Suce mon index, paru en 2000 sur AT Musique, les membres n’ont jamais vraiment partagé de vision artistique commune, outre un amour du hip-hop hardcore. Khyro voulait explorer les concepts et l’expérimentation, L’Intrus préférait travailler un art plus «street»… «On ne s’entendait même plus sur les choix des beats», illustre Égypto en sirotant une bière dans un parc du centre-ville, clope à la main. Coop hip-hop Au tournant du nouveau millénaire, le quintette décide donc de s’offrir plus de liberté tout en conservant la force du nombre et devient Atach Tatuq. Accueillant Dee, Casco, Arnak et d’autres, la nouvelle entité adopte une structure de coop, pour soutenir des chansons plus personnalisées, et donne quelque 400 spectacles, faisant notamment vibrer les Francofolies à deux reprises. La Guerre des Tuqs, bien qu’ignorée par la masse, est acclamée par la critique spécialisée. Le concept de morceaux solos réunis sous une signature commune se poursuit sur Deluxxx, et les huit années d’expérience du noyau du crew se font clairement sentir. Les raps sont nettement plus tight et on se promène dans différentes dimensions, du spoken word hyper intellectuel au p-funk en passant par le old school plus absurde. «On s’est inspiré des classiques golden age de 1994-1995. La musique tourne généralement autour du funk», explique le producteur Naes, alias Toast Dawg, un «digger» sans relâche qui a allègrement puisé dans le jazz et le soul des années 70 pour ses instrus. «Backpacker» à fond, Atach Tatuq a toujours été un ovni à même la scène locale. Il est évident que, comme le collectif, les éventuels projets solos auront de la misère à s’aligner sur le courant «rap à la guitare sèche», actuellement en pleine effervescence. «Le rap vient des ruelles de New York, du jazz et du funk. Notre côté québécois vient de notre façon de rapper, de s’exprimer. Il ne faut pas se donner la prétention de tout réinventer de A à Z en québécois», s’exclame Égypto. Khyro, lui, demeure sage comme à l’habitude. «Tu peux faire du rap en rigodon, c’est correct, mais ce n’est pas du rap.» [ www.atachtatuq.com
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Ecrit par nightlife, a 08:09 dans la rubrique "MUSIQUE ET FILMS".
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